Les trois Grâces

Les trois Grâces

 

C’étaient trois jeunes vierges rayonnantes de beauté, compagnes des Muses et des Heures et comme elles dispensatrices de tous les dons qui rendent la vie aimable. On les disait filles de Jupiter et de l’Océanide Eurynome, à moins qu’elles n’eussent pour parents, selon certains poètes, le dieu de la joie Bacchus et Vénus, la déesse de l’amour.

Leur habituel séjour était le sommet de l’Olympe, où leur présence apportait à l’assemblée des dieux le bienfait de leur souriante jeunesse. Souvent aussi elles accompagnaient Apollon, quand le dieu musicien se livrait sur les pentes du Parnasse au plaisir du chant et des vers. Tandis que le dieu touchait les cordes de sa lyre d’où s’exhalaient les sons les plus suaves, les Grâces se mêlaient au chœur des Muses et rythmaient avec elles de leurs pieds nus des danses légères sur le gazon des pelouses.

Elles étaient aussi les amies des nymphes, ces autres divinités champêtres, et présidaient avec elles au renouveau de la nature, quand le printemps fait éclater les bourgeons et s’épanouir les premières fleurs. Elles veillaient aussi dans une saison plus tardive à la maturité des fruits. Leurs noms révélaient symboliquement leur emploi : Aglaé, la brillante, épandait la lumière ; Thalie, la verdoyante, avivait fleurs et feuillages des tons les plus délicats ; Euphrosyne l’heureuse, diffusait sur toutes choses et jusque dans le cœur des hommes la joie, fille du soleil et de la vie.

Les Grecs appelaient ces trois aimables déesses les Charites, c’est-à-dire celles qui prodiguent faveurs, plaisir, reconnaissance, bienfait. On les invoquait dans les festins et l’on faisait des libations en leur honneur. La première coupe leur était réservée, ainsi qu’aux Heures et à Bacchus.

De nombreux sanctuaires étaient dédiés à leur culte, mais le plus ancien était celui qui se dressait près d’Orchomène, en Béotie, dans la fertile vallée du Céphise, où on les adorait sous la forme de pierres noires qui étaient, disait-on, tombées du ciel. Des fêtes étaient célébrées qu’on appelait les Chariteia. Elles consistaient en des concours de chants et de poésie, de danses nocturnes et en de joyeuses agapes où l’on distribuait des gâteux de farine et de miel. Les Grâces avaient aussi un temple sur l’Acropole d’Athènes, un autre à Olympie. L’un des plus célèbres était celui d’Elis, où les fidèles vénéraient trois statues de bois doré représentant les trois divinités : le visage, les pieds et les mains étaient d’ivoire. L’une tenait une rose, l’autre un dé, la troisième un rameau de myrte.